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J’ai
eu la grande chance d’avoir Semion Kruchin
comme premier professeur ; un grand pianiste virtuose,
lauréat des plus grands et des plus prestigieux concours
internationaux , notamment celui de la Reine
Elisabeth.
Il
m’a formé à partir de zéro, m’a « placé
les mains », et m’a menée en m’enseignant son propre
répertoire de concert.
Dès
la première leçon, il veillait à ce que
je me sente à l’aise et
à ce que mes mains soient toujours relaxées.
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Il m’a également appris à mémoriser
rapidement les pièces, à créer
ma personnalité artistique, à
obtenir les tempos les plus rapides là
où il le fallait, et à ne jamais avoir le trac sur la
scène. Il ne m’a jamais torturée avec les exercices de
Ch. Hanon ou avec les études de Czerny.
Toute
la technique a été acquise directement
sur les études et les concerts de Chopin et Liszt, sur les sonates
de Mozart et de Beethoven, sur les concerts de Rachmaninov et sur le
« Clavier bien tempéré » de Bach.
Après
son départ d’Union Soviétique, j’ai eu d’autres professeurs.
Heureusement : parmi eux, je n’ai jamais rencontré des pédagogues
qui n’auraient jamais joué sur scène eux-mêmes et
qui auraient passé toute leur vie sur un fauteuil à expliquer
ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. Je continuais
donc à apprendre chez les grands
concertistes. Mes professeurs jouaient, montraient le résultat
à obtenir, donnaient des instructions précises
et concrètes sur le travail individuel à faire
à la maison.
Mon dernier
maître au Conservatoire Supérieur
d’Etat Tchaïkovski de Moscou fut Valéry
Kastelsky.
Ma mère,
ainsi que ma grand-mère étaient également mes professeurs,
elles travaillaient avec moi et enseignaient à leurs élèves
en ma présence.
Dans ma
famille, je représente la cinquième génération
de musiciens et professeurs de musique.